La Bd numérique se cherche

BD numerique

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Certains ont du entendre parler du dernier lecteur e-book vendu depuis quelques temps par amazon qui a fait ressurgir le débat sur l’avenir du livre numérique et par ce fait, de la BD numérique.

Il ne faut pas se leurrer, malgré la résistance des acteurs et des mentalités la bd numérique va connaitre un essort prochainement tout comme le marché du livre traditionnel devrait souffrir de la dématérialisation progressive de  tous les médias existants. En asie notamment au Japon, la manga est depuis belle lurette proposé sur différents supports notamment le téléphone mobile. En Europe, les leaders du marché sont plus frileux à cette nouvelle émergence,  l’ignorant dans un premier temps pour entretenir leur cible acheteuse, ils se sont par la suite adaptés aux futurs comportements des « web natives » pour mieux capter des profils plus jeunes.

Il faut dire que jusque là la bande dessinée traditionnelle était bien à l’abri du spectre de la dématérialisation. Alors que les japonais font de la bd un produit jetable, en France la culture de l’objet prédomine tant est si bien qu’il est très convenu d’acheter un ouvrage à plus de 12 Euros. Le marché jouit également d’une croissance fabuleuse et continue depuis 2000, dopée par l’émergence des titres asiatiques à prix plus abordables (Dragon Ball, Akira, One piece, Death Note…). Pourquoi ce réveil alors ? Tout simplement qu’en dehors de vouloir elargir leur clientèle, c’est un moyen de lutter contre le piratage des BD (les fameux « scans ») en proposant aux internautes ou aux waponautes des livres à bas prix téléchargeables.

En France, les éditions Soleil ont démocratisé la chose et depuis beaucoup d’éditeurs se sont mis à proposer leur BDthèque sur les différents appareils mobiles et internet (Applications pour mobiles, lecture en ligne…) pour ne pas subir le même sort des Magasins de locations de DVD. Des efforts sont faits pour rendre pertinents les ouvrages numériques notamment en terme de mises en page mais des progrès sont à faire car on est encore loin du confort de lecture de la BD traditionnelle.

Les points faibles sont notamment :

-Le manque d’expérience de la plupart des auteurs sur ces nouveaux supports

-Le portage encore trop similaire à la version papier

-Un nombre de titres encore trop faible


Ce qu’il faudrait améliorer:

-La pertinence de la bd par rapport au support (interactivité, médias, animation…)

-Créer des Bd pour ce support et non pas une adaptation sur le support

-Elargir et différencier le catalogue papier/numérique

Le modèle est encore jeune, mais aux acteurs de se remuer un peu avant de scander au piratage ! ;)

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8 commentaires à “La Bd numérique se cherche”

  1. Thierry Lamy dit :

    Intéressant, évidemment, mais tu oublies un point essentiel : la rémunération des auteurs qui reste encore à déterminer (pour l’instant, celle ci est calquée sur l’édition papier, mais est-elle encore « juste ») ?

    Thierry

  2. Sebastien dit :

    Évidemment va se poser le problème du quotient temps passé/rémunération. Mais peut être va t’on privilégier les Bd plus courtes, fonctionner « par episode » avec du revenu share sur les ventes plutôt qu’un traditionnel contrat d’auteur… A voir…

  3. Thierry Lamy dit :

    C’est quoi, du revenu « Share » sur les ventes ?

    Thierry

  4. MONPIERRE Roland dit :

    Comme l’a fort bien évoqué Thierry plus haut, quid de la rémunération auteur ? Depuis quelques années, les auteurs apportent souvent des produits scannés-numérisés (mise en couleurs) prêts à l’édition !! En ont-ils été augmenté pour autant (faisant de ce fait, faire des économies à l’éditeur !) ?
    Avec l’arrivée de cette nouvelle technologie, je crains l’effet inverse (non, sans être pessimiste, mais tout simplement réaliste, puisque pour l’instant, avec l’édition papier, on évite pas la paupiérisation des auteurs ; particulièrement visible depuis un peu plus de 2 ans !!) « Petits formats en épisodes », déjà ça sent pas bon !!!

  5. Sebastien dit :

    Dans ces cas là faudra que les auteurs se mettent d’accord car la dématérialisation arrivera à maturité quoi qu’il arrive. Alors soit on trouve des solutions, soit on subit, comme celà a été le cas avec la musique…

    Le problème du numérique c’est qu’il est synonyme de bas prix, sinon c’est le piratage assuré ! Qui dit bas prix, dit prix d’achats moins élevés évidemment, le système actuel ne pourra perdurer. Bon on en est encore loin mais la prochaine génération y sera habituée sans nul doute.

    Le mieux est de trouver des idées pour enrichir les contenus de cette bd et par ce fait adopter une solution plus intelligente que de s’accrocher au mat pendant que le bateau coule :) !

  6. Thierry Lamy dit :

    Seb, la balle n’est pas que dans le camp des auteurs. C’est aussi aux « exploitants » des BD numériques de proposer des rémunérations décentes. Notre boulot c’est de faire des BD, pas d’inventer un modèle économique.
    Mais on est bien d’accord, la BD numérique est inévitable et elle sera à bas prix, ok. Il n’empêche que le numérique permet aussi d’engranger des bénéfices (arrêtons de parler de bateau qui coule ;) ). Donc il n’y a pas de raison que l’auteur ne soit pas moins rémunéré qu’avant pour le même travail…
    Attention, il ne s’agit pas non plus de se raccrocher à un système qui va devenir obsolète. Les auteurs ne sont pas plus conservateurs que d’autres et beaucoup voient avec un intérêt artistique l’arrivée de la BD numérique. Les auteurs veulent seulement être sûr de pouvoir bosser sans que leurs finances ne s’effondrent et ça, peu importe le modèle économique (qu’il soit ancien ou neuf).
    Quand au piratage, ce ne sont pas les artistes les responsables… Mais ceux qui d’un côté ne veulent plus payer pour la culture et de l’autre, ceux qui veulent que ça leur rapporte.

  7. Sebastien dit :

    Bien sûr, en même temps il ne faut pas que les auteurs en tout cas ceux qu’ils le peuvent laissent le modèle économique se matérialiser sans qu’ils puissent dire quelque chose, je suis d’ailleurs étonné qu’il n’y ait pas une plus grande « organisation » des auteurs sur ce sujet, un peu comme si c’était le dossier qu’on avait pas envie de traiter et qui un jour va nous tomber dessus… un peu comme les retraites quoi :) !

    Car le danger du « tout dématérialisé » ce serait des albums qui risquent de finir gratuit ou presque gratuit !

  8. Thierry Lamy dit :

    Si, si, il y a une grande « organisation » d’auteurs qui planche là-dessus : le Syndicat National des Auteurs Compositeurs (SNAC). Et il y a eu aussi une journée professionnelle organisée sur le thème de la BD numérique à la Cité Internationale de la BD et de l’Image :http://www.citebd.org/spip.php?article849
    Bref, ça bouge aussi du côté des auteurs. ;)